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L’Équateur adopte un salaire décent

L’Équateur adopte un salaire décent

En 8 ans, le gouvernement d’Equateur, premier exportateurs de bananes dans le monde, a atteint un objectif impensable dans la plupart des pays du monde : le salaire minimum légal permet désormais à tous-toutes les salarié-e-s de percevoir un salaire « décent ».

Basé sur un mode de calcul indépendant le salaire « décent » ou « vital » doit permettre à la moyenne des ménages d’acheter un panier de biens et services, dont le coût est publié mensuellement et rapporté au nombre moyen de salariés par ménage (1,6). Il tient compte du coût de la vie dans chaque pays.

En 2007, lorsque le gouvernement actuel est arrivé au pouvoir, le salaire minimum légal couvrait seulement deux tiers d’un salaire de subsistance. En Amérique latine, l’Equateur est désormais deuxième, après Panama, concernant le pouvoir d’achat que permet le salaire minimum. Contrairement à la croyance de certains économistes, cette hausse relativement rapide des niveaux de salaire minimum ne semble pas avoir causé de préjudice économique : l’Équateur a l’un des niveaux les plus bas de chômage sur le continent et les grands employeurs – notamment les grandes entreprises productrices et exportatrices de bananes – ont fait face à ce nivellement par le haut des salaires et d’autres normes du travail.

Durant la phase de transition, le gouvernement avait le pouvoir de veiller à ce que les entreprises ne versent pas de dividendes jusqu’à ce qu’ils aient payé à leurs employés la différence entre les gains réels et le niveau de salaire de subsistance pour l’année en question.

L’industrie de la banane ne peut pas dire que la hausse des coûts salariaux ont sérieusement handicapé la croissance de la deuxième source de revenus d’exportation du pays : les exportations de bananes ont atteint des niveaux records en 2013 et 2014 et semblent prêts à battre de nouveaux records en 2015. De plus, les grands acheteurs peuvent désormais rassurer les consommateurs sur le fait que les bananes équatoriennes ne sont plus le fruit de salaires de misère, comme ce fut indéniablement le cas au début du siècle.

Le salaire décent fait partie des demandes de notre campagne. Alors que nombre d’entreprises et gouvernements prétendent que sa mise en oeuvre est irréaliste, l’Equateur a ouvert la voie à une politique salariale que d’autres pays feraient bien d’imiter.

Il y a encore un long chemin à parcourir pour parvenir au travail décent dans le secteur, mais c’est une avancée importante pour toutes celles et ceux qui travaillent dans les plantations.

Graph showing minimum and living wage levels

Légende : évolution du salaire minimum légal (en rouge) et
du salaire vital (en vert) sur la période  2007-2015 en Equateur