FOIRE AUX QUESTIONS

Posez des questions sur les produits que vous achetez aux entreprises productrices ou aux distributeurs. Demandez par exemple ce qu’elles font pour garantir le paiement d’un prix juste et le respect de conditions de travail décentes. Vous pouvez aussi vous impliquer dans des campagnes promouvant un commerce plus juste et équitable. Vous pouvez enfin partager ces préoccupations avec votre entourage (famille, amis, collègues, membres d’associations auxquelles vous appartenez) ainsi qu’avec des personnalités politiques locales ou nationales. Quand cela est possible, privilégiez l’achat de produits issus du commerce équitable. Demandez à vos commerces de proximité de s’approvisionner en produits plus éthiques.

En France, la plupart des magasins du réseau Biocoop, des magasins bio(s) indépendants et des enseignes de la grande distribution vendent des bananes et des ananas bio et équitables. Les produits bio sont produits sans utilisation de produits chimiques toxiques et permettent une protection de l’environnement. Les produits équitables garantissent le versement d’un salaire décent aux producteurs-rices. Ces systèmes de certification montrent que certaines pistes ont déjà été explorées pour changer la situation, mais ils peinent encore à garantir de manière effective les droits des travailleurs-ses. Ainsi il faut s’engager au-delà de ses propres pratiques d’achat et faire campagne pour un changement des règles mondiales en matière de commerce des bananes et des ananas et faire pression pour un réel respect des droits des travailleurs-ses et de l’environnement.

Les bananes sont surtout cultivées dans de grandes plantations de 10 à 1000 hectares, essentiellement dans des zones de fortes pluies dans les régions tropicales ou subtropicales. Une faible proportion des bananes d’exportation – environ 10% de celles qui sont consommées dans l’Union européenne – sont cultivées dans de plus petites exploitations dans les Caraïbes (y compris les Antilles françaises), en Amérique latine, dans les Canaries, à Madère, à Chypre et en Crète.

Quasiment toutes les bananes que nous mangeons sont cultivées dans des plantations entièrement dédiées à la culture de bananes (monoculture), et plus de 95% d’entre elles appartiennent à la même et unique variété. La plupart des embryons de plante (ou plantules) nécessaires à la culture de la banane sont aujourd’hui produits par des laboratoires de culture in-vitro et prennent entre 9 et 10 mois pour produire des fruits une fois plantés. Plusieurs milliers sont plantés par hectare. Au fur et à mesure que la plante pousse, les branches les plus prometteuses – qui poussent depuis la base de la plante – sont sélectionnées puis dépotées. Quelles que soient les conditions climatiques et le type de sol où elles poussent, elles demandent en général de grandes quantités d’engrais et de produits agrochimiques tout au long de leur durée de vie. La production est organisée de façon à ce que les fruits puissent être récoltés toutes les semaines (ou pour les plus petites productions toutes les deux semaines). Environ 2 ou 3 mois avant que le fruit soit récolté, il est couvert d’un sac plastique imprégné d’insecticide pour le protéger des rayons de soleil et des insectes. Lorsque les fruits sont récoltés, les régimes de bananes sont suspendus à de gros crochets et transportés le long de câbles (qu’on fait avancer à la main ou de façon motorisée) jusqu’à de grosses usines d’empaquetage centralisées. Dans les petites exploitations, les fruits sont récoltés à la main et portés jusqu’à des abris proches. Les bananes – alors de couleur verte – sont ensuite lavées, classées, traitées et empaquetées, puis chargées directement dans des camions containers ou, dans le cas de petites exploitations, transportées par des véhicules plus petits jusqu’à de plus grandes usines d’empaquetage ou jusqu’au port à proximité.

Les bananes biologiques ne poussent pas, bien sûr, avec l’aide d’engrais chimique et ne sont pas traitées contre les maladies et les insectes avec des produits chimiques synthétiques au cours de la production. A défaut, des produits de protection à base de plantes et, dans certains cas, des méthodes de contrôle biologique sont utilisés. Les bananes ne peuvent généralement pas être cultivées de façon biologique dans des zones à forte concentration de production « conventionnelle » (c’est à dire industrielle) à cause de l’accumulation de maladies affectant les bananes, qui exige l’utilisation de produits chimiques.

En réalité les bananes ne poussent pas sur des arbres mais sur des plantes géantes. D’abord, une grosse fleur rouge pousse et fait naître les petits « doigts » de la banane. Les doigts de bananes poussent initialement vers le bas, à cause de la gravité, mais au fur et à mesure de la maturation du fruit, les pétales de la fleur tombent et les bananes poussent en direction du soleil, produisant ainsi leur forme courbée caractéristique !

Non, car cela pourrait exclure du marché des travailleurs-ses et des petits producteurs-trices. Dans certains cas très précis, par exemple lorsque des violations de droits particulièrement graves ont eu lieu, un appel au boycott de courte durée peut être lancé par un syndicat de base ou une organisation de petits producteurs-rices, mais c’est rarement le cas. Cependant, les consommateurs-rices peuvent faire pression sur les entreprises qui vendent des bananes afin qu’elles soient transparentes sur les conditions sociales, économiques et environnementales de leurs filières et qu’elles évoluent vers une production et des pratiques commerciales plus justes. Si les entreprises ne sont pas disposées à donner une information suffisante ou si elles répondent négativement à nos propositions, nous pouvons acheter des bananes issues de pays ou d’entreprises que nous estimons être plus responsables vis-à-vis de celles et ceux qui travaillent le plus à les produire.

Oui, depuis 1998, tous les États membres des Nations unies sont tenus de respecter huit des principales conventions internationales relatives au travail, indépendamment de leur ratification effective par les gouvernements nationaux. Ces conventions couvrent notamment les points suivants:

• L’emploi est librement choisi.
• La liberté syndicale et le droit à la négociation collective sont respectés.
• Avoir recours au travail des enfants est interdit.
• Le nombre d’heures de travail n’est pas excessif.
• Aucune discrimination n’est pratiquée entre les femmes et les hommes, notamment au niveau des salaires.
• Aucun mauvais traitement ou traitement inhumain n’est permis.

Pour lire la liste complète des conventions, voir labourstart.org. Il existe beaucoup d’autres normes internationales importantes relatives au travail qui ont été ratifiées par de nombreux pays d’exportation de fruits tropicaux. Le problème est que certaines de ces législations internationales sont mal ou ne sont pas appliquées par les gouvernements (et pas uniquement dans les pays de production). L’Organisation internationale du travail (agence spécialisée de l’Organisation des Nations unies) n’a, à ce jour, pas été mandatée par les États membres pour faire appliquer des sanctions effectives aux pays qui ne se conforment à cette législation internationale.

Le fait que les législations nationales et internationales protégeant les droits des travailleurs-ses ne soient pas toujours appliquées peut s’expliquer en partie par le manque de ressources humaines et financières des pays producteurs, qui sont souvent des pays pauvres. Mais le plus souvent, il s’agit essentiellement d’un manque de volonté politique. Dans certains pays, la voix des travailleurs-ses organisé-e-s n’est pas prise en compte et/ou les services étatiques sont corrompus. Certaines entreprises du fruit ont des relations étroites avec les gouvernements qu’elles ont convaincu de ne pas faire correctement appliquer la loi. Parfois, les gouvernements décident d’’interpréter la loi selon leurs propres critères, comme c’est le cas au Costa Rica notamment. Dans les pays où les organisations syndicales sont faibles ou ne sont pas indépendantes, la voix des travailleurs-ses n’est entendue ni par les employeurs ni par les gouvernements. Dans un pays comme le Guatemala, la situation est encore pire : des organisations criminelles ou paramilitaires contrôlent des régions entières et les services étatiques ne peuvent pas réellement fonctionner. Ceux et celles qui osent parler voient leur vie menacée ; certain-e-s y perdent même la vie.

Dans les pays producteurs, les mauvaises conditions de production relèvent souvent de la responsabilité des gouvernements et des entreprises du fruit, les uns étant parfois complices des autres. Cependant, le prix payé pour les bananes par de nombreuses entreprises du fruit et par les acheteurs de la grande distribution est trop bas pour que les producteurs puissent à la fois améliorer les conditions de production et conserver leur place dans le marché. Au bout du compte, ce sont donc les consommateurs-trices et les citoyen-e-s, qui ont un rôle essentiel à jouer, car ils/elles ont une influence importante dans la filière. Le fait d’être informé-e et d’avoir la volonté d’agir – en utilisant de façon responsable notre pouvoir d’acheteur et notre rôle de citoyen-ne-s – peut aider les travailleurs-ses, les petit-e-s producteurs-rices et les organisations qui les représentent à améliorer leurs conditions.

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Téléchargez notre kit d’action qui donne de nombreuses idées d’actions à mettre en place. Devenez signataire des appels urgents pour relayer les revendications des travailleurs-ses et de leur organisation. Faites pression pour une régulation des pratiques d’achat abusives des supermarchés et des entreprises multinationales. Commandez des dépliants et distribuez-les à votre entourage pour que de plus en plus de personnes comprennent en quoi le commerce des bananes et des ananas n’est pas juste et pour qu’elles agissent pour faire changer la situation !

La plupart des consommateurs-trices européen-ne-s achètent des fruits tropicaux qui viennent de l’autre bout du monde à des prix très bas qui ne couvrent même pas les prix réels tout au long de la filière. La pression vers le bas exercée sur les prix par les entreprises du fruit, et aujourd’hui par les supermarchés, a pu maintenir des prix très peu élevés. Jusqu’à présent, ces entreprises n’ont pas subi de pression pour reconnaître que les coûts réels de l’ensemble des filières d’approvisionnement doivent se refléter dans le prix de vente. Dans la plupart des cas, cela veut dire que les produits équitables, dont le prix minimum a été calculé sur la base du véritable coût de production d’un produit de bonne qualité sociale et environnementale, coûtent plus cher.

Dans certains pays, les supermarchés réalisent des profits plus élevée sur les produits issus du commerce équitable et de l’agriculture biologique car ils n’ont pas pour objectif de les rendre disponibles à l’ensemble des consommateurs-trices. Par ailleurs, au Royaume-Uni, certains supermarchés qui vendent des bananes équitables ont pris le parti de rester compétitifs vis-à-vis de leurs rivaux en baissant les prix dès que les autres le font. Nous pensons que ces deux stratégies doivent être dénoncées par les consommateurs-trices. Les fruits tropicaux peuvent et doivent être vendus à des prix accessibles sans s’appuyer sur l’exploitation des personnes et la destruction de l’environnement.