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Fyffes – Abus sérieux des droits du travail au Costa Rica et au Honduras

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Au cours de l’année passée, nous avons rassemblé des preuves de violations graves des normes fondamentales du travail commises dans des filiales de Fyffes : Anexco au Costa Rica ainsi que Suragroh et Melon Export SA au Honduras où une main-d’œuvre particulièrement vulnérable, en grande partie féminine, dépend d’un travail saisonnier par définition précaire. Ces violations sont principalement : l’absence de salaires décents et de protection sociale, l’exposition des ouvriers et ouvrières à des produits chimiques agricoles dangereux, les menaces, le harcèlement et le renvoi de travailleur.se.s syndiqué.e.s ainsi que le blocage des processus de négociation collective.

« Ils n’ont jamais contribué à la sécurité sociale et maintenant je ne pourrai pas partir à la retraite ou même me reposer après tant d’années passées sur les plantations. Je dois continuer à chercher du travail pour survivre. » – Maria Gomez (65 ans) qui a travaillé pendant presque 30 ans comme superviseuse à Melon Export SA (Honduras).

Dans le cas de Suragroh, fournisseur au Honduras, Fyffes a été accusé d’infractions au Code de conduite de l’Initiative d’éthique commerciale du Royaume-Uni pour violation des droits syndicaux et manquement à l’obligation de s’acquitter de salaires décents L’entreprise a refusé de participer à la médiation proposée pour remédier à cette situation. L’inspection du travail hondurienne dénonce également le non-paiement de salaires minimaux et autres avantages sociaux. De plus, un rapport du ministère du Travail américain de 2012 a confirmé les allégations selon lesquelles Suragroh a manqué à son obligation de paiement d’un salaire minimum, et a établi une longue liste d’autres violations .

Les ouvrier.ère.s doivent fournir leur propre équipement de travail comme les binettes, les machettes et des chaussures dont les coûts peuvent représenter le revenu d’une semaine entière de travail.

Les ouvrier.ères sont aussi exposé.e.s à des produits chimiques dangereux. Beaucoup signalent des maux de tête, des maladies ainsi que des fièvres. Les employé.e.s dénoncent un manque d’informations sur les dangers de l’exposition aux pesticides. En décembre 2015, une centaine d’ouvrières a subi un empoisonnement, et 14 ont été hospitalisées, après avoir été accidentellement exposée à des herbicides et des pulvérisations de chlore suite à un épandage dans un terrain adjacent et au vent fort qui soufflait dans la mauvaise direction.

A Anexco, les négociations entre syndicats locaux et la direction organisées par le ministère du Travail costaricain ont échoué. Les syndicats locaux constatent la mauvaise volonté de l’entreprise de se conformer aux normes fondamentales de travail inscrites dans la législation costaricaine.

Ces deux cas illustrent clairement que Fyffes ne respecte pas les principes directeurs de l’OCDE pour les entreprises multinationales , en particulier le droit reconnu aux salarié.e.s de mandater des syndicats et des organisations représentatives de leur choix afin de les représenter lors de négociations collectives, et d’engager, soit individuellement, soit par l’intermédiaire d’associations d’employeurs, des négociations constructives avec ces représentants, en vue d’aboutir à des accords sur les conditions d’emploi.

« Je suis tombée enceinte alors qu’ils ne tolèrent pas les grossesses » – Maris Suyapa Gomez, qui a été renvoyée après avoir travaillé chez Suragroh pendant quinze ans.

Le temps de prendre ses responsabilités

Jusqu’ici, malgré nos demandes et celles de nos partenaires, l’entreprise a échoué à prendre ses responsabilités au Costa Rica et au Honduras.

Aucune entreprise, particulièrement celles qui prétendent respecter les principes directeurs des Nations-Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’Homme, ne devrait profiter des violations des droits fondamentaux de celles et ceux travaillant au bout de la chaîne d’approvisionnement.

Nous invitons Fyffes à garantir que la direction des plantations :

  • cesse la discrimination des travailleurs et travailleuses syndiqué.e.s d’Anexco (Costa Rica) et de Suragroh (Honduras)
  • reconnaisse les syndicats tant à Anexco (Costa Rica) qu’à Suragroh (Honduras) et s’engage dans des négociations collectives avec ces syndicats.

Nous appelons aussi les actionnaires et les responsables de Fyffes :

  • d’établir et de mettre en œuvre une politique d’entreprise ambitieuse garantissant le respect des droits des ouvrières et ouvriers tout au long de la chaîne d’approvisionnement, notamment le droit de rejoindre un syndicat indépendant pour participer à des négociations collectives.